Innovation & IA, parole d’expert

SCRIBE : la vérité est dans le code

Par Vincent Boisrobert, Directeur des Labs Infotel

Dans les systèmes d’information, on pense souvent que la documentation décrit l’application. En réalité, ce n’est pas toujours le cas.

La spécification raconte ce qui a été imaginé, demandé ou validé à un instant donné. Elle reste utile, mais elle ne reflète pas toujours l’état réel du système. Avec le temps, les applications évoluent. Des correctifs sont ajoutés. Des règles métier changent. Des traitements sont adaptés. Et progressivement, un écart peut se créer entre ce qui est documenté et ce qui s’exécute réellement.

Le code, lui, reste la référence.

C’est lui qui porte les règles effectives, les traitements, les exceptions, les dépendances et les choix techniques. C’est pour cette raison que nous avons conçu SCRIBE, l’agent de rétrodocumentation de la Forge IA d’Infotel dont le principe est de partir du code pour reconstruire la connaissance.

SCRIBE analyse le patrimoine applicatif réel. Il lit le code, les structures, les flux et les composants associés pour produire un ensemble d’artefacts structurés : inventaire, graphe de dépendances, regroupements fonctionnels et vues d’architecture. Ces artefacts constituent progressivement un modèle exploitable de l’application, où les relations entre composants font émerger les concepts métier et techniques réellement portés par le système.

Ce modèle de connaissance est essentiel. Il sépare la compréhension de l’existant des choix technologiques qui pourront ensuite servir à documenter, moderniser ou transformer l’application. SCRIBE reste volontairement agnostique de la technologie cible : il ne privilégie pas une solution, mais établit d’abord une lecture fidèle de ce que fait l’application et de la manière dont ses composants coopèrent.

À partir de ce socle, plusieurs restitutions deviennent possibles : documentation HTML, schémas UML, cartographie applicative, règles métier, analyse des dépendances, vues modulaires ou supports de migration.

L’objectif n’est pas de produire une documentation générique. L’objectif est de rendre lisible un système réel, parfois ancien, souvent complexe et rarement documenté au bon niveau.

C’est un besoin très concret pour les DSI.

De nombreuses entreprises disposent d’applications critiques dont la documentation n’est plus à jour. Certaines ont été construites il y a longtemps. D’autres ont évolué par couches successives. Dans certains cas, les développeurs historiques ne sont plus là. Dans d’autres, la technologie utilisée est devenue rare sur le marché.

Prenons l’exemple d’une application développée en Scala. Si les compétences Scala deviennent difficiles à mobiliser, une migration vers Java peut être envisagée, notamment parce que les deux environnements partagent certaines proximités. Mais avant de migrer, il faut comprendre précisément ce que fait l’application. SCRIBE permet de documenter l’existant, d’identifier les règles et de sécuriser la transformation.

Le même raisonnement vaut pour les applications historiques. Avant de moderniser, il faut objectiver. Avant de transformer, il faut comprendre.

SCRIBE permet aussi de traiter un sujet souvent sous-estimé : le shadow IT.

Dans beaucoup d’organisations, des fichiers Excel ont été créés pour répondre à un besoin ponctuel. Puis ils ont été enrichis année après année. Ils ont accumulé des formules, des macros et des règles de gestion. Au bout d’un certain temps, ces tableurs ne sont plus de simples fichiers bureautiques. Ils font fonctionner une partie entière d’un département.

Ils deviennent des applications sans en avoir le statut.

Ce type de situation crée un risque. La connaissance est rarement documentée. Le fonctionnement dépend parfois d’une ou deux personnes. Les règles métier sont cachées dans les formules, les onglets ou les macros. Pourtant, ces fichiers peuvent porter des décisions financières, commerciales ou opérationnelles importantes.

Avec SCRIBE, il devient possible d’analyser ces objets, d’en extraire la logique métier et de produire une documentation exploitable. C’est une première étape pour reprendre la maîtrise, sécuriser les usages et préparer, si nécessaire, une réindustrialisation dans une application plus robuste.

SCRIBE répond ainsi à plusieurs cas d’usage : documenter une application existante, préparer une migration technologique, transmettre la connaissance lorsqu’une équipe change, ou encore traiter des fichiers critiques issus du shadow IT.

Dans tous les cas, la logique reste la même : partir du réel.

Chez Infotel, nous développons depuis 2024 des solutions à base d’IA générative avec la conviction que l’IA doit augmenter l’expertise, pas s’y substituer. Elle doit accélérer l’analyse, structurer l’information et faciliter la transformation. Mais la décision, l’interprétation et la validation restent humaines.

SCRIBE s’inscrit pleinement dans cette approche.

Il ne remplace ni l’architecte, ni le développeur, ni l’expert métier. Il leur donne un point d’appui fiable pour comprendre plus vite, mieux dialoguer et transformer avec moins de risques.

Car on ne modernise pas correctement une application que l’on comprend mal. On ne migre pas un système sans maîtriser ses dépendances. On ne remplace pas un tableur critique sans connaître les règles qu’il porte.

La rétrodocumentation devient ainsi une brique essentielle de la transformation des systèmes d’information.

Avec SCRIBE, nous voulons rendre cette étape plus rapide, plus structurée et plus fiable. Non pas en repartant de ce que l’on croit savoir, mais de ce qui fait foi.

Le code.

La vérité est dans le code

Découvrez l’intervention de Vincent Boisrobert, en vidéo, sur SCRIBE, la vérité est dans le code :