Innovation & IA, parole d’expert

« La cybersécurité ne consiste plus seulement à protéger les données, mais aussi à garantir leur confiance dans le temps »

À l’occasion des Assises de la cybersécurité en Principauté de Monaco, Fabrice Verdier, Directeur d’Infotel Monaco SAM, revient sur les enjeux de confiance numérique et de préservation du patrimoine documentaire des organisations. Présent aux côtés de la Monaco Cyber Security Initiative (MCSI), Infotel y a notamment présenté Arclib, sa solution de préservation numérique sécurisée, récemment reconnue Prestataire de Service de Confiance par l’Agence Monégasque de Sécurité Numérique (AMSN).

Les Assises viennent de se terminer. Quel regard portez-vous sur les enjeux qui ont émergé autour de la cybersécurité ?

Fabrice Verdier : Les Assises sont toujours un moment riche en échanges, car elles permettent de confronter les différentes visions de la cybersécurité à la réalité des entreprises et des organisations.

Ce que je retiens surtout, c’est que la cybersécurité ne peut plus être abordée uniquement sous l’angle de la protection des infrastructures. Les organisations doivent aujourd’hui raisonner en termes de confiance numérique au sens large : protéger leurs systèmes, sécuriser leurs échanges, maîtriser leurs données, mais aussi garantir la disponibilité et l’intégrité des informations dans la durée.

C’est un changement de perspective important. Une donnée peut être parfaitement sécurisée aujourd’hui et pourtant devenir difficile à retrouver, à exploiter ou à authentifier dans quelques années.

 

Pourquoi la préservation numérique est-elle devenue un sujet à part entière dans une stratégie de cybersécurité ?

Fabrice Verdier : Parce qu’une organisation ne peut pas simplement se contenter de conserver des fichiers.

Lorsqu’une entreprise archive un document, elle doit pouvoir garantir qu’il restera accessible, intègre et authentifiable dans le temps. Elle doit également pouvoir retracer son historique et démontrer qu’il n’a pas été altéré.

Cela concerne évidemment les documents réglementaires ou contractuels, mais beaucoup plus largement l’ensemble du patrimoine documentaire d’une organisation.

Nous sommes dans un contexte où les volumes de données augmentent, où les exigences réglementaires se renforcent et où les organisations doivent pouvoir justifier leurs décisions et leurs activités plusieurs années après leur réalisation.

La question n’est donc plus seulement : « Où stocker cette information ? » Elle devient : « Comment garantir que cette information restera fiable et exploitable dans le temps ? »

 

C’est précisément la problématique à laquelle répond Arclib. Pouvez-vous nous présenter cette solution ?

Fabrice Verdier : Notre ambition avec Arclib est de permettre aux organisations de conserver leur patrimoine numérique dans un environnement conçu pour répondre aux enjeux d’intégrité, d’authenticité, de traçabilité et de sécurité.

La différence avec une approche de stockage classique est fondamentale. Le stockage répond principalement à une question de disponibilité : est-ce que je peux retrouver mon fichier ?

La préservation numérique va plus loin. Elle doit permettre de garantir que le document retrouvé est bien celui qui a été archivé, qu’il n’a pas été altéré et que son historique peut être retracé.

C’est cette notion de confiance que nous cherchons à apporter avec Arclib.

 

Arclib est donc une solution destinée uniquement aux documents sensibles ou réglementaires ?

Fabrice Verdier : Non. La problématique est beaucoup plus large.

Bien sûr, certains documents ont une valeur réglementaire, contractuelle ou probatoire particulièrement forte. Mais toutes les organisations disposent aujourd’hui d’un patrimoine numérique qu’elles doivent pouvoir préserver.

Cela peut concerner beaucoup de types de documents.

Par exemple, des documents administratifs, des contrats, des dossiers clients ou des documents techniques.

On peut aussi parler de pièces comptables ou d’informations liées à la conformité et aux obligations réglementaires.

Cela concerne également les processus métiers. Par exemple, les brevets, les secrets de fabrication ou encore les plans.

Nous avons travaillé sur un cas d’usage dans lequel il était nécessaire de garantir la valeur probante de rushes vidéo avant leur transmission à la police judiciaire.

Enfin, l’ensemble des documents historiques ayant une valeur patrimoniale.

L’archivage électronique concerne en fait une grande variété de documents et de processus, y compris les contenus sensibles ou à forte valeur probatoire et patrimoniale.

Le véritable sujet est d’identifier quelles informations doivent être conservées, pendant combien de temps et avec quel niveau de garantie.

Arclib apporte un cadre permettant de gérer cette conservation de manière sécurisée et maîtrisée.

 

Vous avez récemment obtenu la qualification Prestataire de Service de Confiance de l’AMSN. Qu’est-ce que cette reconnaissance représente pour Infotel Monaco ?

Fabrice Verdier : C’est une étape importante dans le développement d’Arclib.

Cette qualification par l’Agence Monégasque de Sécurité Numérique vient reconnaître le niveau d’exigence et de maturité que nous avons souhaité appliquer à notre service de préservation numérique.

Pour nous, la confiance numérique ne peut pas être uniquement un argument commercial. Elle doit reposer sur des exigences concrètes en matière de sécurité, de confidentialité, d’intégrité, d’authenticité et de traçabilité.

Le fait qu’Arclib soit reconnu comme service porté par un Prestataire de Service de Confiance en Principauté constitue donc un élément structurant de notre proposition.

Cela donne également une portée particulière à notre démarche, puisque nous nous inscrivons dans l’écosystème monégasque de la confiance numérique.

 

Justement, quelle importance accordez-vous à l’ancrage monégasque d’Arclib ?

Fabrice Verdier : Il est important à plusieurs niveaux.

La Principauté porte une ambition forte autour de la transformation numérique et de la cybersécurité. Pour les organisations qui manipulent des informations sensibles, la question de la localisation et de la maîtrise des données est naturellement devenue stratégique.

Avec Arclib, nous souhaitons proposer une solution qui permette aux organisations de bénéficier d’un service sécurisé, avec un cadre de confiance clairement identifié. Notre offre, présentée aujourd’hui dans sa déclinaison monégasque, s’inscrit dans une stratégie européenne. Elle permet aux organisations de bénéficier d’un accompagnement local, tout en s’appuyant sur un acteur présent à l’échelle européenne.

Notre implantation à Monaco nous permet d’être proches des entreprises et des acteurs publics de la Principauté. Cette proximité est essentielle : la cybersécurité ne se résume pas à une technologie, elle doit répondre à des besoins métiers et opérationnels très concrets.

 

Vous étiez présents aux Assises sur le stand de la MCSI. Pourquoi cette présence était-elle importante ?

Fabrice Verdier : La Monaco Cyber Security Initiative joue un rôle important dans la structuration de l’écosystème cyber de la Principauté.

Être présents à leurs côtés permettait de montrer qu’Infotel Monaco ne se positionne pas uniquement comme un éditeur ou un prestataire technologique, mais comme un acteur qui participe à cet écosystème.

Les Assises nous ont surtout permis d’échanger directement avec des professionnels confrontés à ces problématiques au quotidien.

Et ces échanges sont essentiels pour nous. Ils permettent de comprendre comment les entreprises abordent aujourd’hui la conservation de leurs données, quelles sont leurs contraintes et quelles garanties elles attendent d’un service de confiance.

 

Pour conclure, quel message souhaitez-vous faire passer avec Arclib ?

Fabrice Verdier : Je dirais simplement que la cybersécurité ne doit pas être pensée uniquement comme la capacité à empêcher une donnée d’être compromise.

Elle doit aussi nous permettre de garantir que, dans dix, vingt ou quarante ans, une information importante pourra toujours être retrouvée, vérifiée et considérée comme fiable.

C’est cette vision qui est au cœur d’Arclib.

Chez Infotel, nous voulons accompagner les organisations dans cette nouvelle étape de leur transformation numérique : non seulement sécuriser leurs systèmes et leurs données, mais aussi préserver durablement la confiance qu’elles peuvent leur accorder.

C’est finalement tout l’enjeu de la préservation numérique : faire en sorte que le patrimoine informationnel d’une organisation conserve sa valeur, sa fiabilité et son intégrité dans le temps.