Innovation & IA, parole d’expert

IA et systèmes d’information : ce que les DSI attendent désormais de leurs partenaires

À l’occasion de son Investor Day consacré à l’intelligence artificielle, Infotel a réuni clients et investisseurs pour échanger sur la façon dont l’IA transforme concrètement les systèmes d’information et les attentes des DSI.

Autour de la table : Marc Chereau, DSI du Crédit Mutuel Arkéa, Ludovic Favarette, Directeur du programme de plateforme technologique Orion pour le groupe BPCE, et Pierre-Emmanuel Durand, DSI de Kereis.

Trois organisations, trois contextes différents, mais plusieurs constats communs. L’IA constitue une rupture importante. Elle ouvre de nouvelles possibilités, mais elle s’inscrit dans des systèmes d’information qui restent complexes, avec des patrimoines applicatifs anciens, des projets majeurs et des exigences fortes de sécurité.

Dans ce nouveau contexte, les DSI ont partagé leur vision de l’IA, mais aussi ce qu’ils attendent désormais de leurs partenaires technologiques.

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Une rupture qui ne fait pas disparaître l’existant

Pour Marc Chereau, l’IA marque une rupture qui va toucher les métiers, les méthodes de travail et le fonctionnement même des DSI.

Mais cette rupture ne signifie pas que les systèmes existants vont disparaître. Les grandes entreprises vont devoir faire cohabiter pendant longtemps plusieurs générations de technologies.

Certaines applications continueront à fonctionner parce qu’elles répondent toujours au besoin et qu’il n’existe pas nécessairement de gain à les remplacer. Dans le même temps, de nouvelles plateformes et de nouveaux usages liés à l’IA vont se développer.

Pour les DSI, l’enjeu est donc de réussir à faire vivre ces deux mondes ensemble. Pour leurs partenaires, cela suppose de continuer à maîtriser des environnements existants souvent critiques, tout en étant capables d’accompagner leur évolution.

Utiliser l’IA là où elle apporte une valeur concrète

Le témoignage de Ludovic Favarette montre une approche très pragmatique de l’IA.

Au niveau du Groupe BPCE, les investissements sont concentrés sur les usages susceptibles d’avoir un impact réel. Sur le programme Orion, l’IA n’est pas un projet isolé : elle est intégrée à certains processus lorsqu’elle permet de gagner en efficacité.

C’est notamment le cas sur la migration des données, où l’IA permet de générer une première version du programme informatique à partir des règles fonctionnelles. Des experts interviennent ensuite pour l’adapter et la fiabiliser.

L’IA est également utilisée dans l’accompagnement du changement et dans l’organisation de la formation.

Il ne s’agit donc pas de chercher à mettre de l’IA partout, mais d’identifier les endroits où elle peut réellement améliorer un processus existant.

Des compétences qui vont évoluer

Chez Kereis, Pierre-Emmanuel Durand insiste sur une autre évolution : celle des rôles et des compétences.

Avec l’IA, les frontières entre les différentes fonctions des équipes IT évoluent. Product Owners, Tech Leads et développeurs vont progressivement travailler différemment. Les modes d’organisation des équipes se transforment, tandis que les profils deviennent plus polyvalents.

Dans ce contexte, la connaissance métier prend encore plus d’importance. La valeur ne repose plus seulement sur la maîtrise d’un langage ou d’un outil, mais sur la capacité à comprendre un besoin et à utiliser la technologie au bon endroit.

Accélérer ne suffit pas : il faut aussi garder la maîtrise

Les échanges montrent également que l’IA ne va pas mécaniquement accélérer toute la chaîne de production.

Un développement peut être réalisé plus rapidement, mais le gain disparaît si l’expression du besoin n’est pas suffisamment claire ou si les métiers ne sont pas prêts à travailler différemment.

Cette accélération pose également de nouvelles questions de gouvernance.

Marc Chereau souligne notamment que des équipes plus petites et plus autonomes, disposant de capacités augmentées par l’IA, doivent rester intégrées dans une architecture et une gouvernance globales.

Pour lui, l’architecture d’entreprise et l’urbanisation reprennent ainsi une place importante au sein des DSI. Plus les équipes disposent de capacités nouvelles, plus il devient nécessaire de conserver une vision d’ensemble du système d’information.

Pierre-Emmanuel Durand partage cette préoccupation : même augmentée par l’IA, aucune équipe n’est totalement autonome. Elle reste dépendante des infrastructures, de la donnée et du fonctionnement global du SI.

Rester solide sur les fondamentaux tout en accompagnant la transformation

Sur ce point, les trois dirigeants expriment des attentes proches.

Les ESN doivent continuer à apporter les expertises dont les grandes entreprises ont besoin. Elles doivent connaître les environnements de leurs clients et être capables de s’intégrer à leurs équipes.

Sur Orion, cette logique de partenariat se traduit déjà très concrètement. 160 collaborateurs Infotel sont aujourd’hui intégrés au programme. Pour Ludovic Favarette, leur valeur tient à la fois à leur expertise, à leur capacité à s’intégrer pleinement aux équipes et à leur aptitude à accompagner les évolutions du client.

Avec l’IA, cette combinaison devient encore plus importante. Les partenaires doivent rester solides sur leurs expertises historiques tout en étant capables de conseiller leurs clients sur les transformations à venir.

Marc Chereau insiste lui aussi sur cette dimension. Pour lui, les partenaires doivent apporter des compétences nouvelles et de l’agilité pour aider les grandes organisations à suivre le rythme des évolutions en cours.

Rendre possible ce qui ne l’était pas jusqu’à présent

Pour Pierre-Emmanuel Durand, il ne s’agit plus seulement d’accompagner les transformations décidées par le client. Il faut aussi être capable, grâce à la connaissance du métier et du système d’information, d’identifier ce que l’IA permet désormais d’envisager autrement.

Cela peut concerner la modernisation du legacy, des projets de migration ou des transformations jusque-là difficiles à engager.

Cette attente résume une partie de la nouvelle valeur des partenaires technologiques : identifier ce que l’IA permet désormais de faire différemment et aider à le rendre concret.

Accompagner deux mondes qui vont continuer à coexister

Les échanges de cet Investor Day montrent surtout que l’IA ne remplace pas les enjeux historiques des DSI : elle les transforme et les accélère.

Les entreprises vont continuer à exploiter des environnements existants, souvent critiques, tout en intégrant de nouvelles plateformes et de nouveaux usages.

Dans ce contexte, les attentes vis-à-vis des partenaires évoluent, mais les fondamentaux demeurent.

Connaître le métier et maîtriser la technologie. Comprendre l’existant et savoir où l’IA peut réellement apporter de la valeur. C’est sur cette articulation qu’Infotel entend continuer à accompagner ses clients, au plus près de leurs systèmes d’information et de leurs métiers.

Merci à Marc Chereau, Ludovic Favarette et Pierre-Emmanuel Durand pour leur participation, ainsi qu’aux intervenants Infotel qui ont contribué à la qualité de cette rencontre.