Innovation & IA, parole d’expert

L’IA générative replace les infrastructures au cœur des enjeux numériques

 

L’Arcep vient de publier la 5e édition de son enquête annuelle « Pour un numérique soutenable », consacrée à l’évolution de l’empreinte environnementale du numérique en France.
L’étude met en évidence une accélération des impacts liés aux infrastructures numériques, portée notamment par la montée en puissance des centres de données et des usages d’intelligence artificielle.

Parmi les principaux enseignements :

  • une hausse de 12 % de la consommation électrique des opérateurs de centres de données en 2024 ;
  • une progression de 23 % des émissions de gaz à effet de serre associées ;
  • des centres de données nouvellement mis en service affichant une puissance moyenne de 20 MW, soit plus du double de ceux ouverts l’année précédente

Ce changement d’échelle est le reflet direct de la croissance des usages d’IA générative… elle crée une opportunité unique pour les organisations de repenser le contrôle de leurs données, de renforcer leur souveraineté numérique et de bâtir des architectures toujours plus résilientes et sécurisées.

Pour Stéphane Berthillot, Directeur d’Altanna, filiale d’Infotel spécialisée dans les infrastructures, les services IT et la cybersécurité, cette évolution marque un changement dans la manière de penser les systèmes d’information :

« L’intelligence artificielle ne transforme pas uniquement les usages. Elle transforme aussi profondément les infrastructures qui les rendent possibles. Le sujet devient désormais industriel : capacité de calcul, consommation énergétique, architecture des plateformes, optimisation des ressources. »

L’étude de l’Arcep souligne également que les nouveaux centres de données ouverts en 2024 affichent une puissance moyenne de 20 MW, soit plus du double des centres ouverts l’année précédente.
Dans ce contexte, les enjeux d’architecture, d’optimisation et d’efficacité énergétique deviennent stratégiques pour les entreprises.

« Pendant plusieurs années, l’infrastructure était devenue presque invisible pour les utilisateurs. Avec l’IA générative, elle redevient un sujet central pour les organisations qui doivent concilier performance, résilience, maîtrise des coûts et soutenabilité. »

Au-delà des infrastructures, l’étude rappelle également le poids croissant des équipements numériques dans l’empreinte environnementale globale du secteur. Les terminaux représenteraient désormais près de 50 % de l’empreinte carbone du numérique, principalement liée à leur fabrication.

Face à ces évolutions, Altanna et Infotel estiment que le numérique responsable ne peut plus être abordé de manière parcellaire. Il suppose une approche globale et cohérente articulant :

  • l’optimisation des architectures et la modernisation applicative ;
  • la rationalisation des infrastructures et le pilotage des usages numériques ;
  • l’allongement du cycle de vie des équipements.

« Le défi n’est pas de ralentir l’innovation. Il consiste à concevoir des infrastructures et des architectures capables d’absorber cette montée en puissance de manière maîtrisée et durable. »

Dans un contexte où les usages numériques continuent de croître fortement, l’enjeu n’est donc plus uniquement technologique.
Il devient également organisationnel, énergétique et stratégique pour l’ensemble des acteurs du numérique.

Source : enquête ARCEP « Pour un numérique soutenable – édition 2026 »